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	<title>Fables ou Allégories</title>
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	<description>Pour les amoureux de la fable.</description>
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		<title>Esope,  Phèdre et La Fontaine aux Champs-Elysées.</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2011 17:39:17 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Fables.]]></category>
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		<category><![CDATA[lafontaine]]></category>

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		<description><![CDATA[(Allégorie.) La Fontaine arrivant dans les champs Élysées, Phèdre le fabuliste, assis près d&#8217;un ruisseau, Que bordaient mille fleurs de son onde arrosées. Se lève, et, saluant ce confrère nouveau, Lui dit d&#8217;un air de suffisance : Domine, salvus sis ! est-il bien vrai qu&#8217;en France, Vos partisans jaloux vous préfèrent à moi? La Fontaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Allégorie.)</p>
<p>La Fontaine arrivant dans les champs Élysées,<br />
Phèdre le fabuliste, assis près d&#8217;un ruisseau,<br />
Que bordaient mille fleurs de son onde arrosées.<br />
Se lève, et, saluant ce confrère nouveau,<br />
Lui dit d&#8217;un air de suffisance :<br />
Domine, salvus sis ! est-il bien vrai qu&#8217;en France,<br />
Vos partisans jaloux vous préfèrent à moi?<br />
La Fontaine répond : Ma foi,<br />
Ami du simple badinage.<br />
J&#8217;ai suivi le penchant qui me faisait la loi,<br />
Et je n&#8217;en sais pas davantage.<br />
— Vous me raillez encore, je croie,<br />
Dit Phèdre; mais allons, en traversant la plaine,<br />
Chez Ésope : entre nous il pourra décider.<br />
— Qui ? moi ? J&#8217;aime la paix et ne veux point plaider,<br />
Repart l&#8217;ingénu La Fontaine.<br />
Va tout seul, mon ami.. Sois ce que tu voudras,<br />
Ésope même. Ce n&#8217;est pas<br />
De quoi mon âme est fort en peine.<br />
En t&#8217;attendant sous ce cyprès,<br />
Au doux bruit de cette eau, je vais prendre mon somme ;<br />
Au retour, s&#8217;il te plaît, tu m&#8217;informeras comme<br />
Tout se sera passé. — Tu dormiras après.<br />
Dit Phèdre en le tirant avec impatience.<br />
Eamus subito. Le sage Phrygien,<br />
Pèsera nos talents dans sa juste balance :<br />
Nous ne sommes tous deux riches que de son bien.<br />
Il fut et mon maître et le tien :<br />
Je m&#8217;en rapporte à sa sentence.<br />
La Fontaine, par complaisance, Dit :<br />
Allons donc, je le veux bien.<br />
Ils partent à l&#8217;instant : les ombres marchent vite;<br />
Les voilà comme un trait dans la grotte qu&#8217;habite<br />
L&#8217;enjoué philosophe au minois sapajou.<br />
Quand il eut ouï Phèdre : « Orgueil de l&#8217;autre vie !<br />
Ainsi les morts sous terre emportent la manie,<br />
Dit-il, et d&#8217;un débat qui lui semblait si fou,<br />
Faisant danser sa bosse, il riait tout son soûl.<br />
Il convient toutefois que je vous remercie.<br />
Reprit-il poliment. Par des traits de génie,<br />
Des tours naïfs, des vers heureux.<br />
Vous m&#8217;avez fait honneur en m&#8217;imitant tous deux.<br />
Mais vous voulez messieurs, que sur la préférence<br />
De l&#8217;un sur l&#8217;autre en ce moment,<br />
Je vous dise ce que je pense,<br />
Sans amphibologie et sans déguisement.<br />
Je sais fort qu&#8217;en pareille affaire.<br />
Témoin du beau Paris le fatal jugement,<br />
A quelqu&#8217;un, quoi qu&#8217;on fasse, on risque de déplaire.<br />
Ah! si dans les climats du monde sublunaire.<br />
D&#8217;où sire La Fontaine arrive en ce moment,<br />
Les hommes pensaient sainement,<br />
Chacun aurait, son cœur, sans autre ministère.<br />
Pour son aréopage et pour son parlement.<br />
Mais vous voulez enfin que ma bouche sincère<br />
Entre vous, mes amis, décide librement.<br />
Vous serez satisfaits. Pour cette fois Ésope,<br />
N&#8217;ayant à s&#8217;expliquer qu&#8217;avec deux beaux esprits,<br />
L&#8217;un et l&#8217;autre admirés dans Rome et dans Paris,<br />
De l&#8217;apologue antique omettra l&#8217;enveloppe.<br />
Ecoutez donc. En deux mots l&#8217;orateur<br />
Va débuter, dire et conclure.<br />
Toi, Phèdre, a mon avis, tu contes en docteur ;<br />
Du langage romain réputé précepteur,<br />
Ta diction, sans doute, est élégante et pure;<br />
Mais ce bonhomme-là, s&#8217;exprimant sans façon,<br />
En plaisant a l&#8217;esprit, fait au cœur la leçon,<br />
Et conte comme la nature.</p>
<p>par : Paul Desforges-Maillard, né au Croisic le 24 avril 1699 et mort le 10 décembre 1772.</p>
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		<title>Fable : (La Vieille et le Vieux).</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Feb 2011 15:17:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Une affreuse vieillarde, dans un panier, portait des fromages. Autour d&#8217;elle la rue, dans un rayonnement d&#8217;horreur, à vingt pas, puait. Sur les lèvres livides de la criarde voletaient, mornes papillons éclos des larves nourries de sa marchandise, des mots triste-fleurants, — livarot, roquefort, brie, marolles. Un vilain vieux, sur un établi portatif, étalait de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une affreuse vieillarde, dans un panier, portait des fromages. Autour d&#8217;elle la rue, dans un rayonnement d&#8217;horreur, à vingt pas, puait. Sur les lèvres livides de la criarde voletaient, mornes papillons éclos des larves nourries de sa marchandise, des mots triste-fleurants, — livarot, roquefort, brie, marolles.<br />
Un vilain vieux, sur un établi portatif, étalait de ces gras copeaux de papier jaune dont la combustion lente dégage une odeur, — violente et vulgaire, mais elle ne déplaît pas toujours à cause des ambiantes fétidités.<br />
Le vieux venait derrière la vieille, allait plus vite qu&#8217;elle, bientôt l&#8217;eut atteinte. Soudain celle-ci, reniflant d&#8217;un nez fâché les effluves cimmériens, fit halte, se retourna, vit le marchand, son établi, le rouleau de papier flambant, et, toute congestionnée d&#8217;indignation, « n&#8217;y tenant plus », elle posa son panier sur le trottoir pour se camper à l&#8217;aise, les deux poings sur les hanches (dans l&#8217;attitude, un peu, d&#8217;une honnête femme du peuple éclaboussée par une catin), et gueuler, avec l&#8217;accent irrésistible de la pudeur outragée :<br />
<strong><em>— Vlà qu&#8217;on vend d&#8217;zordures, à présent !</em></strong></p>
<p><em>Par Charles Morice , 1860.1919</em></p>
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		<title>Un Aigle et un limaçon.</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2011 19:43:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fables.]]></category>
		<category><![CDATA[aigle]]></category>
		<category><![CDATA[fable]]></category>
		<category><![CDATA[limaçon]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur la cime d&#8217;un arbre, un limaçon grimpé, Fut par un aigle aperçu d&#8217;aventure. Comment à ce haut poste, oubliant ta nature, As-tu pu t&#8217;élever, dit l&#8217;oiseau ?—J&#8217;ai rampé Combien, dans le siècle où nous sommes, De limaçons parmi les hommes ! Un Aigle et un limaçon.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur la cime d&#8217;un arbre, un limaçon grimpé,</p>
<p>Fut par un aigle aperçu d&#8217;aventure.<br />
Comment à ce haut poste, oubliant ta nature,<br />
As-tu pu t&#8217;élever, dit l&#8217;oiseau ?—J&#8217;ai rampé</p>
<p>Combien, dans le siècle où nous sommes,<br />
De limaçons parmi les hommes !</p>
<p><a href="http://www.shanaweb.net/auteurs/gabrielpeignot/l-aigle-et-le-limacon.html">Un Aigle et un limaçon.</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le Papillon malade.</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Jan 2011 19:47:09 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Fables.]]></category>
		<category><![CDATA[malade]]></category>
		<category><![CDATA[morale]]></category>
		<category><![CDATA[papillon]]></category>

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		<description><![CDATA[  Las des fleurs, épuisé de ses longues amours, Un papillon, dans sa vieillesse, (Il avait du printemps goûté les plus beaux jours), Voyait d&#8217;un œil chagrin la tendre hardiesse Des amants nouveaux-nés, dont le rapide essor Effleurait les boitons qu&#8217;humectait la rosée. Soulevant un matin le débile ressort De son aile à demi brisée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <br />
Las des fleurs, épuisé de ses longues amours,<br />
Un papillon, dans sa vieillesse,<br />
(Il avait du printemps goûté les plus beaux jours),<br />
Voyait d&#8217;un œil chagrin la tendre hardiesse<br />
Des amants nouveaux-nés, dont le rapide essor<br />
Effleurait les boitons qu&#8217;humectait la rosée.<br />
Soulevant un matin le débile ressort<br />
De son aile à demi brisée :<br />
« Tout a changé, dit-il; tout se fane.<br />
Autrefois L&#8217;univers n&#8217;avait point cet aspect qui m&#8217;afflige;<br />
Oui, la Nature se néglige;<br />
Aussi pour la chanter l&#8217;oiseau n&#8217;a plus de voix.<br />
Les papillons passés avaient bien plus de charmes !<br />
Toutes les fleurs tombaient sous nos brûlantes armes !<br />
Touchés par le soleil, nos légers vêtements<br />
Semblaient brodés de diamants !<br />
Je ne vois plus rien sur la terre<br />
Qui ressemble à mon beau matin ! J&#8217;ai froid.<br />
Tout; jusqu&#8217;aux fleurs, prend une teinte austère,<br />
Et je n&#8217;ai plus de goût aux restes du festin !<br />
Ce gazon si charmant; ce duvet des prairies,<br />
Où mon vol fatigué descendait vers le soir;<br />
Où Chloé; qui n&#8217;est plus ; vint chanter et s&#8217;asseoir;<br />
N&#8217;offre plus qu&#8217;un vert pâle et des couleurs flétries!<br />
L&#8217;air me soutient à peine à travers les brouillards<br />
Qui voilent le soleil de mes longues journées;<br />
Mes heures ; sans amour; se changent en années :<br />
Hélas ! que je plains les vieillards !<br />
« Je voudrais cependant que mon expérience<br />
Servît à tous ces fils de l&#8217;air :<br />
Sous des bouquets flétris j&#8217;ai puisé ma science,<br />
J&#8217;ai défini la vie, enfants, c&#8217;est un éclair.<br />
Frêles triomphateurs ! vos ailes intrépides<br />
S&#8217;arrêteront un jour avec étonnement :<br />
Plus de larcins alors, plus de baisers avides;<br />
Les roses subiront un affreux changement.<br />
« Je croyais comme vous qu&#8217;une flamme immortelle<br />
Coulait dans les parfums créés pour me nourrir ;<br />
Qu&#8217;une fleur était toujours belle,<br />
Et que rien ne devait mourir.<br />
Mais le temps m&#8217;a parlé ; sa sévère éloquence<br />
A détendu mon vol et glacé mes penchants ;<br />
Le coteau me fatigue et je me traîne aux champs ;<br />
Enfin je vois la mort où votre inconséquence<br />
Poursuit la volupté. Je n&#8217;ai plus de désir,<br />
Car on dit que l&#8217;amour est un bonheur coupable :<br />
Hélas! d&#8217;y succomber je ne suis plus capable,<br />
Et je suis tout honteux d&#8217;avoir eu du plaisir. »<br />
Près du sybarite invalide,<br />
Un papillon naissait dans toute sa beauté :<br />
Cette plainte l&#8217;étonné ; il rêve, il est tenté<br />
De rentrer dans sa chrysalide.<br />
a Quoi ! dit-il, ce ciel pur, ce soleil généreux,<br />
Qui me transforme et qui me fait éclore,<br />
Mon berceau transparent qu&#8217;il chauffe et qu&#8217;il colore,<br />
Tous ces biens me rendront coupable et malheureux?<br />
Mais un instinct si doux m&#8217;attire dans la vie!<br />
Un souffle si puissant m&#8217;appelle autour des fleurs !<br />
Là-bas, ces coteaux verts, ces riantes couleurs,<br />
Font naitre tant d&#8217;espoir, tant d&#8217;amour, tant d&#8217;envie!<br />
Oh ! tais-toi, pauvre sage, ou pauvre ingrat, tais-toi :<br />
Tu nous défends les fleurs encore penché sur elles.<br />
Dors, si tu n&#8217;aimes plus; mais les cieux sont à moi;<br />
J&#8217; éclos pour m&#8217;envoler, et je risque mes ailes ! &nbsp;&raquo;<br />
<a href="http://www.shanaweb.net/les-fabulistes/desbordes-valmore/le-papillon-malade.html">Le Papillon malade.</a> par Marceline DESBORDES-VALMORE. (1806 à 1817).</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La querelle du Riche et du Pauvre.</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Jan 2011 23:36:10 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Fables.]]></category>
		<category><![CDATA[chamfort]]></category>
		<category><![CDATA[fable]]></category>
		<category><![CDATA[riche et pauvre]]></category>

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		<description><![CDATA[Le riche avec le pauvre a partagé la terre , Et vous voyez comment : l&#8217;un eut tout, l&#8217;autre rien. Mais depuis ce traité qui réglait tout si bien , Les pauvres ont par fois recommencé la guerre : On sait qu&#8217;ils sont vaincus, sans doute pour toujours. J&#8217;ai lu , dans un écrit, tenu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le riche avec le pauvre a partagé la terre ,<br />
Et vous voyez comment : l&#8217;un eut tout, l&#8217;autre rien.<br />
Mais depuis ce traité qui réglait tout si bien ,<br />
Les pauvres ont par fois recommencé la guerre :<br />
On sait qu&#8217;ils sont vaincus, sans doute pour toujours.<br />
J&#8217;ai lu , dans un écrit, tenu pour authentique ,<br />
Qu&#8217;après le siècle d&#8217;or, qui dura quelques jours,<br />
Les vaincus, opprimés sous un joug tyrannique ,<br />
S&#8217;adressèrent au ciel : c&#8217;est-la leur seul recours.<br />
Un humble député de l&#8217;humble république<br />
Au souverain des dieux présenta leur supplique.<br />
La pièce était touchante, et le texte était bon ;<br />
L&#8217;orateur y plaidait très-bien les droits des hommes :<br />
Elle parlait au cœur non moins qu&#8217;a la raison ;<br />
Je ne la transcris point, vu le siècle où nous sommes.<br />
Jupiter, l&#8217;ayant lue , en parut fort frappé.<br />
«Mes amis, leur dit-il, je me suis bien trompé :<br />
C&#8217;est le destin des rois ; ils n&#8217;en conviennent guères.<br />
J&#8217;avais cru qu&#8217;à jamais les hommes seraient frères :<br />
Tout bon père se flatte, et pense que ses fils,<br />
D&#8217;un même sang formés , seront toujours amis.<br />
J&#8217;ai bâti sur ce plan. J&#8217;aperçois ma méprise.<br />
Je m&#8217;en suis repenti souvent, quoiqu&#8217;on en dise ;<br />
Mais , soumis à des lois que je ne puis changer ,<br />
Je n&#8217;ai plus qu&#8217;un moyen propre à vous soulager.<br />
Je hais vos oppresseurs : les riches sont barbares ;<br />
Ils paraîtront souvent l&#8217;objet de mon courroux ;<br />
Mécontens, ennuyés, prodigues, vains, bizarres,<br />
Ce sont de vrais tournions : mais le plus grand de tous,<br />
C&#8217;est l&#8217;avarice ; eh bien ! je vais les rendre avares :<br />
C&#8217;en est fait, les voilà pauvres tout comme vous.»<br />
Ainsi fit Jupiter. Les Dieux ont leur système.<br />
Mais, soit dit sans fronder leur volonté suprême,<br />
Je voudrais que le ciel, moins prompt à nous venger,<br />
Sût un peu moins punir, et sût mieux corriger.</p>
<p>Par : Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort. 1741 -1794.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Bon La Fontaine aux Enfers.</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 17:26:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fables.]]></category>

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		<description><![CDATA[AIMEZ-VOUS les contes en vers? Eh bien ! écoutez une histoire, Que j&#8217;ai lue en un vieux grimoire, Fraîchement venu des enfers. Tel jour, tel an, maître Jean La Fontaine A comparu devant la cour , Pour rendre compte du séjour Qu&#8217;il a fait chez la race humaine. Le fabuliste approche et dit : Sire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>AIMEZ-VOUS les contes en vers?       <br />Eh bien ! écoutez une histoire,      <br />Que j&#8217;ai lue en un vieux grimoire,       <br />Fraîchement venu des enfers.      <br />Tel jour, tel an, maître Jean La Fontaine       <br />A comparu devant la cour ,      <br />Pour rendre compte du séjour       <br />Qu&#8217;il a fait chez la race humaine.       <br />Le fabuliste approche et dit : Sire démon ,       <br />J&#8217;ai besoin d&#8217;indulgence, et je crains la justice.       <br />Avant ma mort pourtant j&#8217;ai fait mon oraison,      <br />Et croyez ce qu&#8217;à dit ma vieille Madelon,      <br />Que si j&#8217;ai fait du mal je l&#8217;ai fait sans malice;      <br />Sur le sexe un tant et je me suis égayé,      <br />Et quelque peu, je crois, j&#8217;ai négligé ma femme;      <br />Car naguère on m&#8217;a dit que j&#8217;étais marié.       <br />Mais je vous jure sur mon âme,      <br />Que je l&#8217;avais tout à fait oublié!       <br />Proserpine sourit, et l&#8217;on voit la balance       <br />Du sombre tribunal pencher vers la clémence.       <br />Mais un essaim d&#8217;accusateurs,       <br />Médisans, calomniateurs,       <br />Arrive et fond sur le pauvre homme.       <br />Ils étaient si nombreux (la graine des pervers      <br />N&#8217;est pas rare dans les enfers),       <br />Ils étaient si nombreux, que l&#8217;on ne savait comme      <br />Les placer, les entendre tous.      <br />Les chats et les renards, les lions et les loups Hurlaient :       <br />sage Minos, dans ta juste colère,       <br />Tu dois punir d&#8217;une façon sévère      <br />Un vrai tartuffe, un archi-patelin,      <br />Qui, sous un air tout débonnaire,       <br />Fait le mal et cache la main ;       <br />Qui va criant jusques aux nues;       <br />Que nous tous, braves gens, dont les mœurs sont connues,      <br />Volons, ravissons et mangeons       <br />Fromages, poules et moutons!       <br />Ah! si dans le tartare il est quelque justice;      <br />Il faut, il faut qu&#8217;on le punisse !      <br />Quand les bêtes eurent parlé,      <br />Les humains, à leur tour, obtinrent audience.       <br />Mais le bonhomme fut encore plus harcelé,       <br />Accusé, houspillé par notre sotte engeance ;      <br />Les avares, les fous, les jaloux, les hargneux ;      <br />Et le froid égoïste, et le riche orgueilleux,      <br />Et le tyran cruel vont l&#8217;accusant en masse :      <br />Il ne mérite point de grâce,       <br />Le traître a dévoilé nos vices, nos défauts;       <br />Certes il est coupable, et digne de tous maux.      <br />Enfin l&#8217;on voit paraître, ajoute le grimoire,      <br />Un puissant potentat :      <br />Le prévenu, dit-il, voulut ternir ma gloire,       <br />Peut-être aussi troubler, bouleverser l&#8217;état,      <br />En disant, je ne sais dans quelle rapsodie,       <br />Que les dieux et les rois mettent quoiqu &#8216;on leur die;      <br />Tout en même catégorie.       <br />Minos, mon cher cousin, sois juste, je t&#8217;en prie ;      <br />Et pour l&#8217;honneur du corps, punis cet attentat.       <br />Le fablier reprend : Ah ! messieurs, quel éclat !      <br />Sans doute il faut des rois redouter la colère,      <br />Comme nous l&#8217;a dit Salomon;       <br />Mais ne pourrais-je point obtenir mon pardon?      <br />Voyez mon repentir sincère.       <br />J&#8217;ai, très-mal à propos, dévoilé les secrets      <br />De vos cœurs et de vos palais.       <br />Ah! si jamais je reviens sur la terre,       <br />Je jure ici, mes grands dieux, de me taire !      <br />Sur mes intentions vous devez me juger.:      <br />J&#8217;ai fait le mal sans y songer.      <br />Allez, mon philosophe aimable;      <br />Lui dit Minos d&#8217;un air affable,      <br />Ne vous repentez de rien ;      <br />Ce que vous avez fait est bien.      <br />Vous allez voir dans le Tartare      <br />La belle fête qu&#8217;on prépare      <br />A tous ces méchants garnements       <br />Que n&#8217;ont pu corriger vos bons enseignements      <br />— Seigneur, épargnez à ma vue,       <br />Le supplice des malheureux.      <br />Sans soulager leurs maux je souffrirais comme eux.      <br />— Eh bien ! reprend Minos, allez trouver Molière,      <br />Qui se promène en ces bosquets       <br />Avec le bon Esope et maître Rabelais.      <br />— J&#8217;y cours, seigneur. Ah ! désormais       <br />Je vais philosopher, dormir et ne rien faire :      <br />Mes chers enfants, en quoi peut nous servir       <br />Notre historiette infernale?      <br />Elle nous dit qu&#8217;il faut, dussions-nous en souffrir,      <br />Faire le bien, prêcher une bonne morale.      <br />Que si le monde ingrat nous juge injustement,      <br />Il est des dieux qui jugent autrement.</p>
<p> <a href="http://www.shanaweb.net/les-fabulistes/rigaud/le-bon-la-fontaine.html">Le Bon La Fontaine aux Enfers.</a></p>
<p>Le Bon La Fontaine aux Enfers.</p>
<p>RIGAUD (Pierre-Augustin)&#160; , né à Montpellier, le 29 mars 1760, plus connu sons le prénom d&#8217;Auguste , fabuliste&#160; et poète Français .  </p>
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		<title>La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu&#8217;elle a.</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jan 2011 20:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations.]]></category>

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		<description><![CDATA[Air : Allez-vous en , gens de la noce. Veut-on une chanson nouvelle Sur un vieux proverbe connu? Ma muse, loin d&#8217;être rebelle, Prend soudain le premier venu. Elle choisit un air de ronde Plutôt qu&#8217;un grand air d&#8217;opéra. Et chantera : Tra ri dé ra ! La plus belle fille du monde Ne peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Air : Allez-vous en , gens de la noce.<br />
Veut-on une chanson nouvelle<br />
Sur un vieux proverbe connu?<br />
Ma muse, loin d&#8217;être rebelle,<br />
Prend soudain le premier venu.<br />
Elle choisit un air de ronde<br />
Plutôt qu&#8217;un grand air d&#8217;opéra.<br />
Et chantera :<br />
Tra ri dé ra !<br />
La plus belle fille du monde<br />
Ne peut donner que ce qu&#8217;elle a.<br />
Une blondinette charmante<br />
Ayant la fraîcheur du printemps,<br />
A, dans une intrigue galante,<br />
Perdu sa rose à dix-huit ans.<br />
Sur cette fleur l&#8217;hymen se fonde,<br />
Mais le mari qu&#8217;elle prendra<br />
S&#8217;en passera,<br />
Tra ri déra ! La plus belle, etc.<br />
Pour un concours académique<br />
On demande un livre parfait,<br />
Et chaque concurrent se pique<br />
De produire un certain effet.<br />
Malgré ses efforts, sa faconde,<br />
Plus d&#8217;un sa vantasse échoura,<br />
Se coulera,<br />
Tra ri dé ra ! La plus belle, etc.<br />
Dune nymphe du bal Mabille<br />
Si l&#8217;on veut captiver l&#8217;amour,<br />
La chose n&#8217;est pas difficile<br />
Lorsqu&#8217;en Grésus on fait sa cour,<br />
Mais qu&#8217;elle soit ou brune ou blonde,<br />
Dieu sait ce qu&#8217;il en adviendra,<br />
Il en cuira,<br />
Tra ri dera ! La plus belle, etc,<br />
Pauvre artiste, dans sa mansarde<br />
Paul reçoit de joyeux amis :<br />
Maigre côtelette et moutarde,<br />
Voilà tout ce qu&#8217;il s&#8217;est permis.<br />
Quant au vin, la piquette abonde,<br />
Et chacun se pochardera<br />
Tant qu&#8217;il pourra,<br />
Tra ri dé ra ! La plus belle, etc.<br />
Malheur au père de famille<br />
Ayant plus d&#8217;honneur que d&#8217;argent !<br />
Il voudrait marier sa fille,<br />
Mais notre siècle est exigeant ;<br />
Sans une dot plus ou moins ronde<br />
Vertu jamais ne suffira,<br />
Nul n&#8217;en voudra,<br />
Tra ri dé ra ! La plus belle, etc.<br />
Si d&#8217;un chansonnier l&#8217;on espère<br />
Des vers pompeux et bien tournés,<br />
Avec moi tout juge sévère<br />
Risque de se casser le nez;<br />
Je dis, pour peu que l&#8217;on me fronde,<br />
A l&#8217;auditeur qui se plaindra,<br />
Se moquera,<br />
Tra ri dé ra ! La plus belle fille du monde<br />
Ne peut donner que ce qu&#8217;elle a.</p>
<p><strong><em><span style="color: #800000;">Proverbe en chanson.</span></em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les Yeux bleus et les Yeux noirs.</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 12:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fables.]]></category>
		<category><![CDATA[fable]]></category>
		<category><![CDATA[fable en Italien]]></category>
		<category><![CDATA[fable française]]></category>
		<category><![CDATA[yeux bleus]]></category>
		<category><![CDATA[yeux verts]]></category>

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		<description><![CDATA[Gu Occhi Azzurri e Gli Occhi Neri. A contesa eran venuti Gli occhi azzurri e gli occhi neri. Occhi neri fieri e mueti. — Occhi azzurri, non sinceri. — Color bruno, color mesto. — A cangiar l&#8217;azzurro è presto. — Siamo imagine del cielo. — Siamo faci sotto a un vélo. — Occhi azzurri han [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Gu Occhi Azzurri e Gli Occhi Neri. </strong></p>
<p>A contesa eran venuti<br />
Gli occhi azzurri e gli occhi neri.<br />
Occhi neri fieri e mueti. —<br />
Occhi azzurri, non sinceri. —<br />
Color bruno, color mesto. —<br />
A cangiar l&#8217;azzurro è presto. —<br />
Siamo imagine del cielo. —<br />
Siamo faci sotto a un vélo. —<br />
Occhi azzurri han Palla e Giuno. —<br />
E Ciprigna è d&#8217;occhio bruno. —<br />
S&#8217;avrian dette anche altre cose,<br />
Ma fra loro amor si pose,<br />
Decidendo tanta lite,<br />
In tai note, che scapite<br />
Per sua cenno tra un pastor fido<br />
Sopra un Codice di Gnido :<br />
Il primato in questi o in quelli<br />
Non dipende dal colore,<br />
Ma quegli occhi son più belli,<br />
Che rispondono più al care.</p>
<p>Bertola.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-41" title="yeux" src="http://www.fabulistes.net/wp-content/uploads/2011/01/yeux.jpg" alt="" width="154" height="63" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>.</strong></p>
<p><strong>Les Yeux bleus et les Yeux noirs.<br />
</strong><br />
Une querelle s&#8217;étant élevée<br />
Entre les yeux bleus et les yeux noirs :<br />
— Les yeux noirs sont fiers et muets.<br />
— Les yeux bleus ne sont paq sincères.<br />
— Le noir est une couleur triste.<br />
— Le bleu est prompt à changer.<br />
— Nous sommes l&#8217;image du ciel.<br />
— Noua sommes des flambeaux voilés.<br />
— Pallas et Junon ont des yeux bleus.<br />
— Vénus a des yeux noirs&#8230;<br />
Ils en auraient dit encore bien davantage,<br />
Mais l&#8217;amour vint se placer entre eux,<br />
Et décida cette grande dispute<br />
Par ces mots que, d&#8217;après son ordre,<br />
Un berger fidèle a gravés<br />
Dans le Code de Gnide :<br />
La supériorité de ceux-ci ou de ceux-là<br />
Ne dépend pas de la couleur,<br />
Mais les plus beaux yeux sont ceux<br />
Qui répondent le mieux au cœur.</p>
<p>Mlle. F. R.<br />
Cette fable a été imitée par notre poète Lebrun.</p>
<p>Journal des Demoiselles &#8211; 6eme. année &#8211; Paris 1838</p>
<p><a href="http://www.shanaweb.net/fables/fables-diverses/les-yeux-bleus-et-les-yeux-noirs.html">Les Yeux bleus et les Yeux noirs &#8211; Gu Occhi Azzurri e Gli Occhi Neri.</a></p>
<p>Voici une fable rarement vue sur le web. Nous la trouvons très légère, et vous ?</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Bonheur d&#8217;être bête.</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 10:43:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fables.]]></category>

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		<description><![CDATA[Un Ane, en allant au marché;, Portait des fleurs fraîches écloses; Et le bon public, alléché Par l&#8217;odeur des lis et des roses, Tant qu&#8217;il pouvait S&#8217;en approchait : Ce qui fit que l&#8217;Ane, en lui-même, Se dit : — « Mon Dieu! comme l&#8217;on m&#8217;aime ! » Mais, au retour, c&#8217;est du fumier Qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un Ane, en allant au marché;,<br />
Portait des fleurs fraîches écloses;<br />
Et le bon public, alléché<br />
Par l&#8217;odeur des lis et des roses,<br />
Tant qu&#8217;il pouvait<br />
S&#8217;en approchait :<br />
Ce qui fit que l&#8217;Ane, en lui-même,<br />
Se dit : — « Mon Dieu! comme l&#8217;on m&#8217;aime ! »<br />
Mais, au retour, c&#8217;est du fumier<br />
Qui remplit son double panier ;<br />
Et la foule, plus circonspecte,<br />
S&#8217;en écarte&#8230; — Or, notre Baudet,<br />
Non moins charmé d&#8217;un pareil fait,<br />
Se dit: « Dieu! comme on me respecte ! »<br />
Du fait sur l&#8217;imbécile enté<br />
Ma fable est la grotesque histoire.<br />
Que ne sauraient nous faire accroire<br />
La sottise et la vanité?</p>
<p>Mme Adèle Caldelar, (18.? &#8211; 18.?)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Réflexion sur la Cigale et la Fourmi.</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 10:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fables.]]></category>

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		<description><![CDATA[La Fontaine, ce grand, ce savant moraliste Qui se servit des animaux Pour montrer nos travers et pour guérir nos maux, N&#8217;a pas besoin d&#8217;apologiste ; Il n&#160;&#187;eut et n&#8217;aura pas non plus d&#8217;antagoniste. Sur sa cigale et sa fourmi Je trouve néanmoins à reprendre à demi : D&#8217;avance, j&#8217;en suis sûr, sû bonté me [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
La Fontaine, ce grand, ce savant moraliste<br />
Qui se servit des animaux<br />
Pour montrer nos travers et pour guérir nos maux,<br />
N&#8217;a pas besoin d&#8217;apologiste ;<br />
Il n&nbsp;&raquo;eut et n&#8217;aura pas non plus d&#8217;antagoniste.<br />
Sur sa cigale et sa fourmi<br />
Je trouve néanmoins à reprendre à demi :<br />
D&#8217;avance, j&#8217;en suis sûr, sû bonté me pardonne ;<br />
D&#8217;ailleurs, le robuste éléphant<br />
Peut-il être blessé par la main d&#8217;un enfant ?<br />
Or, voici comment je raisonne :<br />
La cigale, a-t-il dit, en chantant tout l&#8217;été,<br />
Fit preuve d&#8217;imprévoyance<br />
Pour n&#8217;avoir point mis de côté<br />
Lorsqu&#8217;elle était dans l&#8217;abondance.<br />
Le fait est évident, on peut bien l&#8217;en blâmer.<br />
Mais je blâme encor plus l&#8217;abominable vice<br />
Qui, dans tous les pays, a pour nom :<br />
Avarice! Et que dame fourmi n&#8217;a pas su réprimer;<br />
C&#8217;était déjà fort mal que de fermer sa porte<br />
A la cigale à demi morte ;<br />
Mais c&#8217;était encor plus affreux<br />
D&#8217;ajouter à sa ladrerie<br />
Un conseil rempli d&#8217;ironie :<br />
Dansez donc, en effet, avec l&#8217;estomac creux !<br />
Sous la puissante voix du premier fabuliste<br />
Cette réponse qui m&#8217;attriste<br />
Fait sourire chacun, car l&#8217;homme est égoïste<br />
C&#8217;est ici, selon moi, qu&#8217;est l&#8217;immoralité,<br />
Et pour cette fable, Sans doute admirable,<br />
Je suis fâché de l&#8217;immortalité.<br />
Sauvez, sauvez d&#8217;abord du danger, de la peine,<br />
Celui qui, suppliant, à vos genoux se traîne;<br />
Lorsqu&#8217;un pauvre affamé vous demande du pain,<br />
Commencez, mes amis, par apaiser sa faim ;<br />
Puis, comme la fourmi sermonantla cigale,<br />
Si vous y tenez tant, faites de la morale.<br />
Quand vous trouvez des malheureux,<br />
Ce qui n&#8217;est pas, hélas! bien difficile chose,<br />
Partagez d&#8217;abord avec eux,<br />
Sans de leur pauvreté remonter à la cause ;<br />
Ne gardez pas pour votre lendemain<br />
Lorsqu&#8217;un frère vous tend la main.<br />
Donnez, ne craignez pas, bonne est votre créance,<br />
Vous prêtez à la Providence.</p>
<p>Par : Charles, Marie, Joseph &#8211; 1850 &#8211; 1913.</p>
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